jeudi 31 juillet 2025

Encore un peu de Pornic

Tiens, encore un peu de Pornic en ce jeudi.

D’abord, un quatrième stop à la faïencerie. Ça devrait être la dernière fois. Puis, je veux aller en ville et je dois trouver à me stationner. Avec une bébé Fiat 500, c’est un peu plus facile… si on est capable de faire un stationnement en parallèle (ici, j’écœure mon amie Michèle…).

J'avais en masse de la place en avant... mais
je n'avais pas envie d'accoter la Tesla.

Je laisse mon petit char bleu pourde dans le stationnement du château, puis j’arrive tout juste pour le départ du petit train touristique de 15h30. Le bonheur, dans ma face! Pornic est toujours ben pas une grosse ville, mais le petit train est plein. Et il fait une maudite belle ride dans la petite ville de bord de mer.

Ça commence de l’autre côté de l’anse aux lapins (riez pas). C’est le bout de Pornic que je ne connais pas puisque j’habite de ce côté-ci de la toujours dite anse aux lapins. Je me disais, hier ou avant-hier, qu’il faudrait ben que j’aille de l’autre bord. Eh ben, avec le petit train touristique, c’était la meilleure façon de voir ce qu’il y avait… Parce qu’en char, ce n’est pas toujours évident de voir, de conduire et de savoir où je vais (dites-vous que je ne sais vraiment pas toujours où je vais quand je découvre).

Faque v’la du Pornic.

C'est triste, quand même, des bateaux dans la vase
Jolie vue sur le port et la ville au loin
Au loin, on voit l'ile de Noirmoutier
Une cabane de pêche traditionnelle

En finissant mon tour, je savais que j’étais pour aller manger une crème glacée à la Fraiseraie. On y était allées, Sylvie et moi, la semaine passée et je voulais vraiment essayer la crème glacée aux fraises. C’est pas ma saveur préférée, mais Sylvie me l’avait tellement vanté [c’est toffe de ne pas accorder les participes passés avec l’auxiliaire avoir – ça me vient tuseul et il faut que je me corrige après… c’est ça, l’évolution] que j’avais pas le choix. Comment dire? C’est un peu du sorbet, mais ça a la texture de la crème glacée faite avec de la crème, pas avec du lait 2%. C’est vraiment, mais vraiment très bon. Ça valait les 15 minutes d’attente en ligne.

J'ai tout mangé. Je ne pensais pas y
arriver, mais c'est comme pour bouffer
un éléphant, c'est une bouchée à la fois.
J’ai encore un peu erré en ville, le long des quais. 

La marée montait, mais bien lentement...
Un bout du golf à côté de chez moi
La minoterie originale de la ville
Y'a du monde original, je trouve...
... mais le jeu de mots m'a toujours un peu énervé.

Pis j’ai décidé de reprendre mon petit char bleu pour aller voir les villages au sud de Pornic, le long de la côte, juste pour aller voir si je pouvais voir quelque chose. Il y a la mer (ben, l’océan), des petits villages charmants… et un type qui fait l’entretien des terrains avec une chèvre qu'il charrie dans son camion.


mercredi 30 juillet 2025

Encore un peu de Nantes

C’est une tradition: je dois manger des boulettes IKEA quand je suis ailleurs. On avait commencé ça, Stéphanie et moi, en Nislande. Tout est tellement cher dans cette ile éloignée qu’on avait été vraiment surprises du prix vraiment peu élevé des boulettes au IKEA de Reykjavik. Depuis ce premier arrêt en 2016, on a fréquenté les boulettes de Bordeaux, Caen, Lille et les ceuzes du musée IKEA en Suède. Oui, oui. Alors, il fallait absolument que je revienne à Nantes pour aller manger mes traditionnelles boulettes.

Avez-vous vu la trâlée de monde qui attend pour
avoir ses boulettes?

Ouan. 4,47 euros pour 12 boulettes et leur gréement.

Rassurez-vous: c’est comme le McDo, ça goute la même affaire partout. Sauf qu’à voir le ratatiné des pois décongelés, j’ai passé outre. C’était quand ben même pas nécessaire de me mettre deux boules de pétates pilées.

 

Deux petites courses plus tard, je redébarque à Nantes. J’ai stationné ma tite Fiat 500 au hangar à bananes et j’ai pris le bus pour revenir jusqu’à la gare. Stationnement stratégique. Et que vois-je? Une nouvelle loi? Depuis le 1er juillet, il est désormais interdit de fumer en attendant l’autobus. C’est écrit sur le panneau qui annonce l’horaire du bus. Eh ben. Ça serait une mautadite bonne idée qu’ils interdisent aussi de fumer sur les terrasses des restaurants.

Un peu de gare. Je trouve ça beau, une gare. Et il y a plein d’histoires qui s’y écrivent sans le savoir. Qui est-il? Où va-t-elle? Qui laissent-ils derrière, sur le quai (n’oubliez pas de prononcer QUÈ, on est en France)? Vont-ils retrouver quelqu’un? Une personne va-t-elle les attendre sur l’autre quai? Fascinant, je vous dis.

Un peu de miroir d’eau. Je vous rappelle que Bordeaux en a un, et que Québec aussi, inspiré par çui de Bordeaux, rapport que les villes sont jumelles. C’est juste qu’à Bordeaux, comme à Nantes, le miroir sert à réfléchir de quoi de beau. À Québec, c’est sur la promenade Champlain, joliment rénovée, mais y’a rien à refléter. Ici, c’est le château des ducs de Bretagne qui se reflète dans le miroir. Et le tramway quand il passe (comme à Bordeaux! Mais qu’est-ce qu’attend Québec?)


Je m’émeus des enfants en caleçon qui courent dans 5 cm d’eau. Il ne fait pas particulièrement chaud, quelque chose comme 24, mais ces centimètres sont tellement invitants! Je les envie un peu. Je suis restée assise sur un banc à longuement les regarder.

Un peu de ville. J’ai marché un peu au hasard, revoyant des rues déjà vues ou pas. Je trouve ça beau, tout ce monde et toute cette architecture. C’est peut-être un peu gnaiseux, mais la rue Mont-Royal ou le Vieux-Montréal, ça m’intéresse peu. Peut-être parce que c’est chez nous? La France, c’est exotique…


L'ancienne usine des biscuits LU
L'Erdre, qui passe un bout «sous» Nantes.
J’allais prendre le tramway pour retourner à la gare quand j’ai vu, au coin de la rue, ces deux drapeaux.

 

Hein? De quesse? 

Ah ben bazwell. Le même resto que j’avais vu à Tours cet hiver alors que je n’avais pas faim pantoute. Là, je me suis dit que ça pourrait être un genre d’entrée. Il est 19h15, je commence à avoir faim et comme je veux manger au hagard à bananes, ça va aller vers 20h30 au mieux. Alors, j’ose.

C'est à cause de la poutine «Carey Price» que j'ai
fait le lien avec le resto de Tours.

 

Bon. Comment dire? Si c’est avec ça qu’ils pensent attirer le touriste dans la belle province, c’est un peu raté. Mais c’est quand même meilleur que certaines poutines mangées au Québec. Les frites étaient bonnes, la sauce pas assez salée et le fromage ne faisait plus skwik skwik parce que c’était clair qu’il avait été congelé pour traverser l’Atlantique. Mais à l’origine, c’était du vrai. Alors, dieu merci, il n’était pas fondu dans la poutine. Alors, oui, bel essai pour les Français qui ont osé. Mais la meilleure, on dira ce qu’on voudra, c’est chez nous. Je pourrai vous donner des adresses si vous en avez besoin.

Je reprends le bus 5, direction le Hangar à Bananes. Je souris chaque fois que la voix, dans le bus, dit: «vous êtes dans le bus numéro 5, en direction du hangar à bananes», avec l’accent chic français et les pauses dans le débit. Je trouve que ça jure! Ça s'appelle comme ça parce qu'au début du 20e siècle, une série d'entrepôts ont été construits pour faire murir les bananes importées de Guadeloupe, de Guinée et de Côte d'Ivoire. Dans les années 70, ça s'est arrêté. Mais avant de tout démolir, la ville a compris le potentiel de la place. Aujourd'hui, c'est rempli de restos, de salles d'expositions, il y a une jolie promenade au bord de la Loire qui longe la patente... et ça se construit autour, c'est épeurant.

Me revoici donc au bout de l’ile de Nantes, au dit hangar à bananes. Sylvie et moi, on était venues en plein jour… nais c’est définitivement le soir qu’il faut venir. C’est ça que je voulais venir voir, d’où mon stationnement stratégique ce midi. Pis en plus, le parking est gratisse à cause d’immenses travaux dans le coin. Il y a des restos dans chaque partie du long hangar et les ronds qu’on avait trouvé étranges s’allument, la noirceur venue. C’est aussi ça que je voulais voir.

Faque j’ai vu ce que je voulais voir, j’ai mangé ce que je voulais manger. Et je suis revenue dans mon Pornic à la noireté. C’est à peine 45 minutes de Nantes.

 


mardi 29 juillet 2025

Pas toujours une ile

Si vous regardez une carte (ou Gougueulemappe) et que vous cherchez l’ile de Noirmoutier, vous allez vous dire que, effectivement, c’est une ile. Sauf qu’une ile doit être entourée d’eau, c’est dans sa définition. Dans le cas de Noirmoutier, malgré son pont qui fait croire que c’est une ile, quelques heures par jour, elle n’est plus une ile parce qu’il y a une route qui va du «continent» (c’est comme ça qu’ils appellent ça) à l’ile quand la marée est basse. Jusqu’en 1970, c’était la seule façon d’aller à l’ile de Noirmoutier. Alors, qu’est-ce que vous pensez que j’ai fait en ce mardi frais? J’ai tchéqué sur les zinternettes, et j’ai trouvé les heures de la marée basse. Autour de 14h57 cet après-midi. Et comme l’amplitude de la marée a un gros coefficient (74), il sera possible d’utiliser la route – le passage du Gois – 1h30 et 1h30 après l’heure de marée basse. Si le coefficient est entre 50 et 70, c’est 1h de chaque côté; si le coefficient est moins de 50, c’est 30 minutes de chaque côté.
Encore une fois, j’ai demandé à dieu ce qu’est un coefficient de marée. Et vous pensez que j’ai compris de quoi? «Ce coefficient correspond au rapport du marnage semi-diurne de la formule harmonique divisé par la valeur moyenne du marnage pour les marées de vive-eau d'équinoxe. Il est défini par le service hydrographique et océanographique de la Marine (SHOM).» Ce que j’ai à peu près compris, c’est qu’un petit coefficient fait très peu bouger la mer: donc, elle se retire peu et laisse peu de temps pour traverser. Ne m’en demandez pas plus.

Faque c’est ça. J’ai traversé les 4,2 km de la route, à peu près 45 minutes avant la marée basse, autour de 14h10. Ça fait qu’il restait un peu d’eau à gauche comme à droite. Mais beaucoup de gens s’étaient déjà pressés dans la vase à la recherche de moules, d’huitres, de palourdes et autres bigorneaux amenés par la marée haute. C’est clair que plusieurs personnes savaient ce qu’ils cherchaient puisqu’elles étaient venues avec des bottes à vache (à vase, plutôt), des petites pelles et des chaudières. C’est ce qu’elles vont manger ce soir, c’est clair.

Perso, je me suis contentée de traverser. J’étais quand même assez flabeurgastée. La nature fait des drôles de trucs, et l’homme aussi, quand il essaie de la dompter. Rapport que cette route existe deux fois par jour depuis 1100 ans.

Chaque 500 mètres, il y a un poteau avec une petite plateforme accessible avec une échelle. C’est pour sauver ceux qui se seraient aventurés un peu trop tard avec la montée des eaux. Ça, ça veut dire que tu restes sur la plateforme pour plusieurs heures (le temps que l’eau redescende) et que ton char est parti à la dérive…

 

Après ma visite de l’ile (j’y ai passé l’après-midi), je suis retournée au passage pour voir la route à marée haute. C’est clair que ce n’était plus praticable. Je suis quand même très étonnée qu’il n’y ait pas de clôture pour empêcher les téméraires (ou les ivrognes) de s’y aventurer. La nuit, en plus, ça doit être super noir… En Amérique, on aurait mis des clôtures. Mais pas ici. Alors, les gens vont au bout de la route et tournent autour du rond blanc peinturé (un genre de rond-point), regardent l’eau qui est là, là, drette là, et repartent en sens inverse. Riez pas, j’ai fait ça, moi aussi.

 

 

Remarquez qu’il y a des annonces sur les routes qui mènent au passage (tant sur le continent que sur l’ile) pour dire 1) il est quelle heure, 2) à quelle heure sera la marée basse et si la mer est en train de monter ou de descendre.

 

Ah oui, quand même. C’est joli, Noirmoutier en l’ile (la ville principale de l’ile qui fait toujours ben 25 km de long). 

Une rue qui mène à des maisons de riches
Je trouve ça triste, des bateaux
dans la vase...
Une poissonnerie tellement belle...

J’ai diné (tard) avec des moules au cari (curry, qu’ils disent). Pis tout à coup, en marchant, j’ai vu qu’il y avait un titrain ! Ben, j’ai fait un tour de titrain.

C’était la conductrice qui jasait pendant le tour… et c’était insupportable. C’est clair qu’elle avait appris tout ça par cœur… mais elle aurait gagné à suivre des cours de pose de voix. C’était d’un ennui… Après mon tour, j’ai mangé un cornet au caramel salé. Divin. D'habitude, c'est de la crème glacée dure qui a cette saveur, mais là, c'était de la molle...

Il se fait du sel sur l’ile, on y cultive des patates rares (de la monoculture…) et le tourisme fait qu’il y a 110 000 personnes sur l’ile en été, mais seulement 10 000 pendant l’hiver ! Sur les 110 000 d’été, je suis certaine qu’il doit y en avoir 80 000 en campeur ! C’est fou les camping-cars que j’ai croisé (je me suis un peu ennuyée d’Azarius) et les immenses terrains de camping où les gens sont cordés les uns contre les autres. Bon, il y a aussi des maisons de riches qui ne viennent, eux aussi, que l’été. Mais eux, ils ne sont pas tassés les uns contre les autres !

Et parce que l’ile fait partie de la côte ouest de la France, elle faisait aussi partie du Mur de l’Atlantique…

 

 

D'heure en heure

8h, heure de Paris Je rêve qu’un camion recule avec le bipbip caractéristique quand bord de mer sur ma tablette se manifeste. Je suis mêlé...