vendredi 18 juillet 2025

Pas de photo et des photos

Pas de photo.

Notre journée à Saint-Nazaire a commencé par la visite des chantiers navals de la place. Évidemment, pour cause de secret industriel, on ne peut pas prendre de photos. Parce que j’aurais vraiment tripé à vous montrer tout ce qu’on a vu.

Depuis 1862, les chantiers navals de Saint-Nazaire font des paquebots. Tiens donc. À l’époque, c’était des trucs en bois. Avec la Seconde Guerre mondiale, les chantiers vont surtout se virer vers les bateaux militaires, et après, le chantier va devenir l’un des fleurons de construction de paquebots d’exception. C’est là qu’on a construit le Normandie et le France, par exemple, qui ont été de beaux paquebots de ligne.

Maintenant, comme l’avion a pris la place, les bateaux ne traversent plus l’Atlantique. Les chantiers navals construisent maintenant des paquebots pour des croisières. C’est la mode! La visite s’effectue majoritairement en autobus et Anaïs, notre guide, était plutôt éloquente. On s’est promenés vraiment à travers toutes les immenses pièces en acier, coupées ou pas, assemblées ou pas.  On est entrés dans un atelier où il y avait des soudeurs (et une soudeuse!) en train de faire des assemblages. C’était fascinant, je vous jure. L’immensité de la place montre à quel point les bateaux qui y seront construits seront immenses… au minimum 300 mètres de long puisque c’est à cette condition qu’il s’agit d’un paquebot.

Après un autre tour d’autobus, on est sorti de nouveau pour voir le paquebot MSC World en construction. Quand la construction sera plus avancée, la cale sèche sera remplie d’eau et le bateau pourra être déplacé dans un autre portique pour être terminé. Une job d’un an. En fait, faire un paquebot, ça prend trois ans: un an de planification, un an en cale sèche et un an de finition!

Tout est spectaculaire dans ce qu’on a vu, tant en grosseur, en longueur et en prix! Mais les armateurs ont de l’argent… Même si un paquebot coute un milliard d’euros, l’armateur va entrer dans son argent après 5 ou 6 ans d’exploitation… sur 25 ans de vie d’un tel paquebot. Fascinant, je vous dis.

Notre seule photo : en attendant d’entrer dans la cale sèche, je nous ai pris en selfie, avec nos charlottes et notre casque de construction! D’un grand chic.


Des photos.

Deuxième visite: Escal’Atlantique. La reconstitution de trois paquebots construits à Saint-Nazaire: l’Ile de France (1927), le Normandie (1935) et le France (1962). Un truc vraiment cool! Avec des photos.

On nous accueille, puis on nous laisse libres de visiter les différentes parties d’un paquebot transatlantique, selon le modèle (l’Ile de France, plus ancien, a vraiment le look ancien…) et les classes de passagers (c’est clair que je suis digne de la première!

On voit la vie à bord, le rôle de l’équipage, des objets de collection (vaisselle, meubles, etc.), des vues de la mer, la salle des machines, la timonerie, la cuisine (qui doit embarquer du stock pour 4, 5 ou 6 jours de traversée, selon les bateaux).

Il y a aussi des jeux interactifs: comment doit-on s’habiller, quand on voyage en Première, pour les différentes activités de la journée? On n’était pas ben bonnes là-dedans…  Ou bien comment on gère les 34 jours de mer entre Marseille en France et Yokohama au Japon, avec une cargaison de courrier et des passagers pour arriver dans les temps?



La salle de musique

Le bar du France (1962)

On a fini ça avec un café au bar de la Première classe du France (1962).

Le plus drôle? Pour quitter la visite, après 1h30, on descend dans un canot de sauvetage. C’était on ne peut plus original!

Troisième visite: la base sous-marine

Là, j’ai fait ma savante malgré moi, quand Anaïs (oui, oui, la même guide qu’on avait eu pour les chantiers navals, le matin) a demandé à la dizaine de personnes qui s’apprêtaient à visiter la base quelles étaient les autres bases sous-marine construites par les Allemands au début de la guerre, du nord au sud… Devant le silence, j’ai dit répondu:

- Brest
- Effectivement, Brest. Et l’autre, entre Brest et ici?
Silence.
- Lorient.
- Oui, Lorient. Et au sud?
Re-silence.
- La Rochelle.
- Oui, La Rochelle. Et au sud de La Rochelle?
Re-re-silence.
- Bordeaux.
- Eh oui, Bordeaux. Ça prenait bien la Canadienne pour nous faire un cours d’histoire!

Je ne voulais pas tant faire un cours d’histoire, mais je le savais… et personne ne répondait. Faque.

Construite entre 1941 et 1943, la base sous-marine de Saint-Nazaire est un énorme bloc de plus de 300 mètres de long, avec 14 alvéoles. À l’époque de la guerre, les alvéoles étaient fermées du côté de la ville et ouvertes sur la mer, évidemment. C’était pour y faire entrer les U-Boote allemands. Mettons que c’est en béton armé pas à peu près. Ça a l’air que plus d’un demi-million de mètre cube de béton ont été utilisés!

Au fur et à mesure du déroulement de la guerre, les Allemands érigeaient des étages supplémentaires, dont un qui auraient servi de «salle d'espace de dégagement des bombardements», pour permettre au souffle des bombardements de ne pas abimer la base elle-même. La base sert aussi de bureaux, de magasins, d’espace de stockage pendant la guerre, jusqu’en mai 1945. Il faut savoir que les Allemands ont été obligés de se défendre « jusqu’au dernier homme », si bien que la guerre, terminée depuis le 8 mai, s’est terminée dans la poche de Saint-Nazaire le 11 mai, trois jours plus tard, au prix de combats acharnés entre la population locale, les soldats français et les soldats allemands.





Aujourd’hui, la base sert de lieu au tourisme. On a ouvert les murs de quatre alvéoles pour donner de l’ampleur à la base et pour qu’on comprenne tout ce qui s’y était passé. Une des alvéoles (la 5e) sert maintenant à Escal’Atlantique, la reconstitution des paquebots, si vous me suivez. Les deux dernières (13 et 14) servent de musée et une autre présente des concerts. L’Office de tourisme est dans la base. C’est quand même chouette de voir qu’une horreur de la guerre a été bien réutilisée…

Pour finir la visite, on est monté sur le toit de la base. Ça donne un super coup d’œil sur le bassin, le port et la ville autour.

 

 

 

 

Et on a pu prendre un tas de photos.

1 commentaire:

  1. Beau cours d'histoire Julie. Ça donne le goût d'aller à Saint-Nazaire. Grâce à toi, nous canadiens sommes bien cotés à Saint-Nazaire.

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